Les promotions du Collège de droit

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Année universitaire 2026-2027

La promotion Gisèle Halimi (2024-2027)

« Les droits conquis hier ne céderont pas au terrorisme d’aujourd’hui. Il y va de la liberté de tout citoyen et citoyenne de choisir sans contraindre l’autre ».
G. Halimi, La cause des femmes, 1992.
 

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photo des étudiants de 3e année du Collège de droit

 

La promotion 2026-2027 du Collège de droit de l’université Paris-Panthéon-Assas a l’immense honneur d’annoncer qu’elle portera le nom de « Gisèle Halimi ».

Ce choix traduit notre volonté de rendre hommage à une grande femme, dont la voix et les engagements ont marqué notre société et l’histoire du droit français.

Gisèle Halimi a d’abord marqué nos esprits par l’une des plaidoiries, les plus célèbres et les plus lourdes de sens de l’histoire judiciaire française, par laquelle elle défendit la jeune Marie-Claire Chevalier lors du procès de Bobigny en 1972. Son combat au prétoire en faveur du droit à l’avortement s’inscrit dans la continuité de nos enseignements. Aujourd’hui encore, nous mesurons la portée indéniable de sa lutte, de la loi Veil à l’inscription de l’IVG dans la Constitution, la même année où nous débutions nos études de droit.

Née à la Goulette, en Tunisie, dans une famille juive séfarade, Zeiza Taïeb n’était encore qu’écolière lorsqu’elle s’indignait des ordres des ligues de loyauté du maréchal Pétain et qu’elle entamait une grève de la faim pour contester les traitements de faveur dont bénéficiaient ses frères. Très jeune, elle est déjà animée par un profond sentiment de justice, qui fera d’elle l’immense avocate que nous connaissons aujourd’hui.

Avocate au barreau de Tunis puis à celui de Paris, docteure en droit, députée, ambassadrice de la France et fondatrice, avec Simone de Beauvoir, du mouvement Choisir la cause des femmes, elle œuvra pour l’égalité des genres, la dépénalisation de l’avortement et la criminalisation du viol, mais également contre l’antisémitisme et toutes formes de racisme. Aux côtés de Robert Badinter, dont la promotion précédente a choisi de porter le nom, elle participa également au combat en faveur de la dépénalisation totale de l’homosexualité. Dès les années 1950, elle prit position en faveur de la décolonisation de la Tunisie et de l’Algérie et donna ainsi la voix à Djamila Boupacha pour mettre en lumière les méthodes de torture de l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Au seuil de nos trois années de droit, nous avons ainsi acquis la certitude qu’être juriste, ce n’est pas appliquer aveuglément la loi ; c’est également en mesurer les imperfections et œuvrer sans relâche pour les corriger. Aussi Gisèle Halimi nous inspire-t-elle et joue-t-elle, pour nous, le rôle d’un modèle dont on ne peut qu’aspirer à être les héritiers.

Les valeurs de Maître Gisèle Halimi, ses combats et son parcours sont empreints des mêmes idéaux féministes et humanistes qui doivent nous animer aujourd’hui en tant que citoyens et juristes. Six années après sa disparition, nous espérons ainsi honorer sa mémoire et ses luttes en donnant son nom à notre promotion, que nous portons avec autant d’humilité qu’une immense fierté.
 

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Année universitaire 2025-2026

La promotion Robert Badinter (2023-2026)

À compter de l'année 2025-2026, chaque promotion portera le nom d’un juriste ou d’une personnalité qu'elle aura désigné. 

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Promotion BADINTER du Collège de droit

 


« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées »

Extrait du discours sur l’abolition de la peine de mort prononcé à l’Assemblée nationale par Robert Badinter, garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 17 septembre 1981.

La promotion 2025-2026 du Collège de droit a l’honneur d’annoncer qu’elle se baptisera « promotion Robert Badinter » avec l’accord de la famille Badinter que nous remercions bien chaleureusement.

Les élèves de troisième année du Collège de droit ont en effet souhaité se donner un nom qui, témoin de la cohésion de la promotion, perpétuerait le souvenir des trois années de licence qu’ils ont vécues ensemble. À l’issue d’un vote, la promotion a porté son choix sur Robert Badinter dans la vie duquel chaque étudiant puisera une source intarissable d’inspiration personnelle et professionnelle.

Avocat, professeur de droit privé, président du Conseil constitutionnel (1986-1995), garde des Sceaux et ministre de la Justice (1981-1986), sénateur, président de la Cour de conciliation et d’arbitrage de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (1995-2013), Robert Badinter a profondément marqué la promotion par l’œuvre qu’il a léguée.

Sa vie, d’une part, a laissé une trace indélébile dans l’esprit de chacun des étudiants qui, tout au long de leurs apprentissages, ont croisé son chemin lorsqu’est venu le temps d’évoquer l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité, la lutte contre l’antisémitisme, l’indemnisation des victimes d’accidents de la route par la loi du 5 juillet 1985, la publicité de la Justice, l’enregistrement des procès et l’abandon des juridictions d’exception. L’implication de Robert Badinter en faveur de la construction d’une identité européenne forte, dont les valeurs sont chères aux étudiants aujourd’hui plus que jamais, a achevé de consolider le désir de porter son nom avec d’autant plus de fierté.

Sa postérité, d’autre part, a accompagné les étudiants qui, en première année, ont regretté sa disparition et, en troisième année, célébré son entrée au Panthéon parmi les grands hommes au titre desquels il comptait lui-même.

La personnalité de Robert Badinter a fait l’unanimité par ses engagements, ses travaux et ses écrits. Chacun sait que son parcours unit entre eux les étudiants qui aspirent à la magistrature, au barreau, aux carrières européennes ou à l’hémicycle. Chacun, quelles que soient les fonctions auxquelles il est appelé, a érigé Robert Badinter en modèle du juriste qu’il veut être : juste, courageux, engagé pour l’égalité et la dignité humaine, et résolu.

Par ce choix, la « promotion Robert Badinter » a souhaité honorer la mémoire de celui dont elle porte désormais le nom et inscrire, dans la mémoire commune des étudiants qui la composent, les liens noués et les valeurs acquises tout au long de leur scolarité au Collège de droit.